Le financement de la santé et certains blocages.

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Ainsi, un impôt sur les opérations de change de devises peut être perçu comme un frein dans le secteur bancaire ou comme une forme de dissuasion pour les exportateurs et importateurs.

Lorsque le Gabon a introduit un impôt sur les transferts d’argent en 2009 pour lever des fonds visant à subventionner les soins médicaux des groupes à faible revenu, certains ont protesté, invoquant le fait que cela constituait une restriction à l’échange. Le Gabon a néanmoins taxé à  1,5% les profits après impôts des entreprises de transfert et à 10% les opérateurs de téléphonie portable. Ces deux impôts ont rapporté au secteur de la santé l’équivalent de 30 millions de dollars en 2009.

De même, depuis de nombreuses années, le gouvernement pakistanais taxe les profits des firmes pharmaceutiques pour financer une partie des coûts de sa santé (38). Parallèlement, les taxes sur les produits nocifs à la santé ont l’avantage de lever des fonds et d’améliorer la santé tout en réduisant la consommation de produits néfastes, comme le tabac ou l’alcool. Des études dans 80 pays ont montré que le prix réel du tabac, ajusté au pouvoir d’achat, a chuté entre 1990 et  2000. Bien qu’il y ait eu des augmentations depuis  2000, il existe des possibilités de générer des revenus dans ce secteur, comme le préconise la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac. (39). Il n’est pas possible ici de fournir des évaluations pays par pays sur le montant que pourrait rapporter chacun de ces mécanismes innovants de financement.

Mais l’OMS a analysé les avantages potentiels de l’augmentation des taxes sur le tabac dans 22 des 49 pays à faible revenu, pour lesquels des données suffisantes ont permis les calculs. Les impôts indirects dans ces pays varient de 11 à 52% du prix au détail de la marque la plus populaire de cigarettes, représentant une fourchette nominale de 0,03 à 0,51 dollar par paquet de 20 cigarettes. Nous estimons qu’une augmentation de 50% des impôts indirects produirait  1,42  milliard  de dollars de fonds supplémentaires pour ces pays – une somme conséquente.

Dans des pays comme la République démocratique populaire lao, Madagascar et le Viet Nam, ce revenu supplémentaire représenterait une augmentation de 10% ou plus des dépenses totales de la santé, et une augmentation de plus de 25% du budget national de la santé, en supposant que le revenu accumulé soit entièrement attribué à la santé. Envisagée d’un autre point de vue, cette mesure simple pourrait rapporter des fonds supplémentaires à hauteur de plus du double des niveaux actuels de l’aide extérieure à la santé dans certains pays. Il existe une inquiétude internationale croissante au sujet des conséquences économiques et indésirables pour la santé de la consommation d’alcool, et les politiques tarifaires peuvent être au centre de stratégies permettant de pallier ces inquiétudes. Par exemple, les prix de l’alcool ont augmenté de 20% en août 1985 et de 25% de plus l’année suivante à Moscou.

Résultat : une chute spectaculaire (28,6%) de la consommation d’alcool au cours des 18 mois suivants. Les admissions à l’hôpital pour troubles mentaux et comportementaux liés à l’alcool et les décès des suites de cirrhose hépatique, d’empoisonnement alcoolique et d’autres violences ont considérablement diminué. Ces mesures ont cessé en 1987 et au cours de la période suivante, lorsque les prix de l’alcool ont augmenté à une vitesse beaucoup plus lente que les autres prix, bon nombre de ces tendances positives se sont inversées.

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